Le cabinet Atorus Executive vient de publier un « Guide du candidat » destiné aux juristes seniors et directeurs juridiques qui recherchent un emploi. Démarches, réseau, qualités à mettre en avant, etc. Plusieurs conseils pratiques y sont délivrés. Le point avec Marie Hombrouk, directrice associée du cabinet.

Marie Hombrouck, directrice associée du cabinet Atorus Executive, spécialisé dans le recrutement de managers de transition dans le secteur juridique, nous livre quelques pistes issues du nouveau  « Guide du candidat » afin de réussir sa recherche d’emploi.

La gestion d’entreprise constitue l’essentiel de l’activité d’un dirigeant d’entreprise. Elle fait appel à un grand nombre de notions empruntées de la comptabilité (analyse du bilan, compte de résultat, prévisionnel, budgétisation…), de la finance (la gestion des risques au moyen de la gestion des actifs et des assurances professionnelles), du droit des affaires (choix du statut juridique, contrats commerciaux, fiscalité)

Comment vous est venue l’idée de publier ce guide du candidat ?

Ayant plus de 10 années d’expérience dans le recrutement de juristes seniors en recherche d’emploi, j’ai pu constater que certains avaient des difficultés, qu’ils ne savaient pas comment s’y prendre dans leurs recherches : ce qu’il faut mettre dans un CV, ou encore comment réussir un entretien. L’objectif est d’aider les candidats à structurer leur démarche.

A quelles difficultés les juristes seniors en recherche d’emploi sont-ils le plus confrontés ?

Pour certains candidats, c’est la première fois qu’ils recherchent du travail depuis de nombreuses années. Ils ont été régulièrement chassés ou sont restés longtemps dans la même entreprise, ils n’ont donc pas l’habitude de faire la démarche de recherche d’emploi active.

Nous avons donc voulu les aider dans leur démarche avec ce guide candidat.

Comment faire une bonne recherche d’emploi ?

Il est recommandé de recourir à la méthode de recherche en « multicanal » : faire travailler son réseau professionnel (Cercle Montesquieu, Afje, etc.), contacter des cabinets de chasse de tête spécialisés dans son domaine, etc. Les candidats peuvent aussi répondre aux annonces postées sur les sites spécialisés comme le Village de la Justice ou Indeed, qui centralise les annonces.

Mon meilleur conseil est de travailler son réseau quand on est en poste ! Pour le développer, participez à des événements physiques (conférences, colloques, tables rondes). Ne repartez pas sans avoir donné ou récupéré 3 cartes de visite !

Aujourd’hui, quelle est la tendance au niveau du recrutement des juristes ?

La fonction de juriste d’entreprise s’est fortement structurée depuis quelques années. La profession s’est internalisée au sein des entreprises et 50 % des directeurs juridiques sont aujourd’hui membres du Comex selon la dernière étude publiée par Oasys.

Pour l’avenir, nous allons vers une fonction plus business avec des compétences transversales. Les juristes ne peuvent plus avoir des compétences seulement juridiques et techniques. On revient aux soft skills, aux compétences financières, RH… Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Science Po, en partenariat avec le Cercle Montesquieu, a créé une formation dédiée aux soft skills des juristes senior.

Qu’attend-on du directeur juridique ?

Il existe deux types de critères : le savoir-faire et le savoir-être.

Le savoir-faire englobe le management, la vision stratégique. On attend du directeur juridique une culture RH, financière et une capacité à suivre la conduite du changement.

Concernant le savoir-être, on attend de lui qu’il ait une éthique personnelle, une exemplarité, qu’il respecte la parole donnée et qu’il fasse preuve de loyauté. Il doit inspirer confiance. Certains détails peuvent déjà démontrer ces qualités. Par exemple, arriver à l’entretien en retard mais prévenir le recruteur. Ou encore envoyer un mail après l’entretien.

Certains de nos candidats sont très engagés. Par exemple, ils n’hésitent pas à nous dire s’il y a une erreur sur l’une de nos annonces. Cette éthique est appréciée.

C’est un point qui est par ailleurs négligé du côté des entreprises. Par exemple, certains candidats nous ont déjà rapporté que le département RH d’une entreprise ne leur ont pas fait de retour après un entretien, malgré plusieurs relances.

On attend également que les candidats aient du leadership et qu’ils sachent manager. Pour ceux qui sont moins bons managers, ils peuvent se faire coachés.

Il est enfin très important qu’ils soient en capacité de communiquer, que ce soit en interne et en externe.

https://www.editions-legislatives.fr/actualite/«travaillez-votre-reseau-quand-vous-etes-en-poste»-conseille-marie-hombrouck